La Terre

La Terre est bien plus qu’un simple astre perdu dans l’immensité du cosmos. C’est une sphère de roche, d’eau et de lumière, suspendue à cent cinquante millions de kilomètres du Soleil, et pourtant intimement liée à lui. Depuis plus de quatre milliards d’années, elle tourne, respire, se transforme, et porte en elle l’histoire silencieuse de tout ce qui vit.

Un équilibre fragile entre lumière et matière

 

Chaque jour, la Terre accomplit sa rotation en un peu moins de vingt-quatre heures, offrant l’alternance du jour et de la nuit. Chaque année, elle parcourt son orbite en un peu plus de trois cent soixante-cinq jours, dessinant les saisons grâce à l’inclinaison de son axe. Ce mouvement régulier, presque musical, crée un environnement où la chaleur, la lumière et l’obscurité s’équilibrent avec une précision remarquable.

Une planète façonnée de l’intérieur

 

Sous nos pieds, bien loin des paysages familiers, la Terre cache une architecture profonde. Au centre, le noyau terrestre brûle à des températures proches de celles du Soleil. Le noyau interne, solide, est entouré d’un noyau externe liquide dont les mouvements génèrent un champ magnétique protecteur. Autour de ce cœur incandescent s’étend le manteau, une mer de roche visqueuse en perpétuel mouvement. C’est lui qui pousse lentement les continents, ouvre les océans et fait naître les montagnes. Enfin, la croûte terrestre, fine comme la peau d’un fruit, porte les océans, les forêts, les villes et les êtres vivants.

 

Une surface en perpétuelle métamorphose

Rien n’est immobile sur Terre. Les plaques tectoniques glissent, s’affrontent ou s’écartent, sculptant les reliefs au fil des millénaires. Les volcans libèrent la chaleur des profondeurs, les séismes rappellent que la planète est vivante, et les océans redessinent sans cesse les contours des continents. Ce mouvement incessant est la signature de notre monde : une planète qui change, qui évolue, qui ne cesse jamais de se réinventer.

 

L’eau, la lumière et la vie

La Terre est recouverte à plus de 70 % d’eau, un élément rare à l’échelle cosmique. Les océans, les rivières, les nuages et les glaces composent un cycle qui nourrit les paysages et les êtres vivants. Son atmosphère, faite d’azote, d’oxygène et de vapeur d’eau, protège la surface des rayonnements dangereux, adoucit les températures et permet la respiration. Grâce à cet ensemble de conditions, la Terre est devenue le théâtre d’une diversité biologique extraordinaire, depuis les plus petites bactéries jusqu’aux civilisations humaines.

Une singularité dans le Système solaire

 

Parmi les planètes rocheuses, la Terre est la seule à réunir une tectonique active, un champ magnétique puissant, une atmosphère stable et de l’eau liquide en abondance. Elle est, à ce jour, le seul endroit connu où la vie a trouvé refuge, s’est développée, et a façonné son propre avenir.

La Terre en chiffre

 

Distance au Soleil 149 597 870 km

 

Volume 1,083 21 × 1012 km3

 

Masse 6 X 1024 kg

 

Diamètre 12 756 km

 

Gravité La pesanteur terrestre « g » a été mesurée à 9,81 m/s2. Elle sert de référence pour comparer la gravité des planètes.

 

Inclinaison de l’axe de rotation 23,4°

 

Durée de révolution 365,25 jours

 

Durée de rotation 23 heures, 56 minutes et 4 secondes

 

Température 15°C en moyenne en surface (mais avec une tendance à la hausse à cause du réchauffement climatique !)

 

Nombre de lunes 1

La Lune

La Lune est l'unique satellite naturel permanent de la planète Terre. Il s'agit du cinquième plus grand satellite naturel du Système solaire et du plus grand des satellites planétaires par rapport à la taille de la planète autour de laquelle il orbite. Elle est le deuxième satellite le plus dense du Système solaire après Io, un satellite de Jupiter.

 

La Lune est en rotation synchrone avec la Terre, lui montrant donc constamment la même face. Celle-ci, appelée face visible, est marquée par des mers lunaires volcaniques sombres qui remplissent les espaces entre les hautes terres claires — certaines atteignant 9 km d'altitude — et ses cratères d'impact proéminents. Réciproquement, elle possède une face cachée, qui présente moins de mers mais beaucoup plus de cratères, dont le bassin Pôle Sud-Aitken, le plus grand du satellite et l'un des plus grands du Système solaire par son diamètre de 2 500 km. Elle est dépourvue d'atmosphère dense et de champ magnétique. Son influence gravitationnelle sur la Terre produit les marées océaniques, les marées terrestres, un léger allongement de la durée du jour et la stabilisation de l'inclinaison de l'axe terrestre.

 

La distance orbitale moyenne de la Lune est de 384 402 km, soit environ trente fois le diamètre terrestre, et sa période de révolution vaut 27,3 jours. La taille apparente de la Lune dans le ciel est approximativement la même que celle du Soleil, puisque le diamètre de l'étoile est environ 400 fois celui du satellite, mais qu'elle est également 400 fois plus éloignée. Par conséquent, la Lune peut couvrir presque exactement le Soleil dans le ciel, permettant l'apparition d'éclipses solaires totales. Cette correspondance de taille apparente disparaîtra dans un avenir lointain du fait de l'augmentation de la distance lunaire d'environ 3,8 cm par an. La formation de la Lune remonterait à il y a environ 4,51 milliards d'années, peu de temps après celle de la Terre. L'explication la plus largement acceptée est que la Lune s'est formée à partir des débris restants après un impact géant entre une proto-Terre et une protoplanète de la taille de Mars, appelée Théia.


 

En sa qualité de deuxième objet céleste dans le ciel terrestre par sa magnitude apparente, après le Soleil, et du fait de son cycle régulier de phases correspondant à sa période synodique de 29,5 jours, la Lune sert de référence et d'influence culturelle aux sociétés humaines depuis des temps immémoriaux. Celles-ci se retrouvent dans la langue, les calendriers, l'art et la mythologie. Par exemple, la déesse Luna, dans la mythologie romaine, ou Séléné, dans la mythologie grecque, ont donné respectivement son nom et un adjectif correspondant.

Le satellite naturel, parfois désigné Terre I, est survolé pour la première fois par la sonde spatiale Luna 2 en 1959. Durant plus d'une décennie, elle est notamment étudiée par les programmes Luna et Apollo, respectivement soviétique et américain. Cette course à l'espace culmine en 1969 avec les premiers humains posant le pied sur la Lune lors de la mission Apollo 11 emportant Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Dix autres astronautes de la NASA foulent ensuite le sol lunaire jusqu'à Apollo 17 en 1972. Ces missions permettent de ramener sur Terre des roches lunaires qui, avec les observations effectuées sur place, permettent de développer la connaissance géologique de la Lune, de sa structure interne et de l'histoire de sa formation. Délaissée à partir de 1974 par les puissances spatiales, l'astre connaît un nouvel intérêt dans les années 1990, deux missions de la NASA — Clementine et Lunar Prospector — découvrant des indices de la présence de glace d'eau, notamment au pôle Sud. À compter de la fin des années 1990, la Lune est la destination  principale des sondes spatiales des nouvelles nations spatiales, notamment la Chine, le Japon et l'Inde. De nouvelles missions habitées vers la Lune, voire une colonisation, sont envisagées dans les années 2020.


 

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